Quand la grive fut venue

Courte halte dans le verger il y a quelques jours : la grive litorne a apprécié les pommes pourries abandonnées dans la neige à son attention. Une petite bande n’a pas hésité à se rapprocher tout près de la maison.

grive-litorne-david-melbeck

Les litornes migrent et se déplacent en hiver au gré de la météo et des opportunités d’alimentation, en particulier par grand froid. Chez nous, plusieurs étourneaux les accompagnaient. Face à ces nouveaux venus, les merles, eux, ont attendu avant de pouvoir se ravitailler.

merle-sous-la-neige-david-melbeck

Le rouge-gorge et l’abreuvoir gelé

Toujours – 10°C. En ce moment, un rouge-gorge s’approche tout près de la maison. Sans doute un migrateur venu du Nord pour passer l’hiver chez nous. Toujours solitaire, il ne supporte aucun congénère. Qu’il a l’air triste sur cette gamelle ! Il est temps de remettre de l’eau comme chaque matin. Je suis un peu jaloux : à 12 ans, mon fils Nathan prend de plus jolies photos que moi… Ce cliché est le sien.

rouge-gorge-gel-nathan-melbeck

La mésange bleue

Un froid venu de Sibérie s’est installé depuis le début de la semaine. Aujourd’hui, – 10 °C. Sur la mangeoire de la maison, avec le tournesol, la fête est plus folle… ! Les mésanges vont et viennent. Parmi elles, la petite mésange bleue sait s’imposer face aux autres oiseaux. Elle se pose, chipe une graine et s’envole aussitôt.

mesange-bleu-david-melbeck

Pic ou voyou

Le thermomètre a affiché – 8 °C ce matin. Des coups saccadés résonnent en face de la maison. Curieux, je m’approche… Voilà qu’un pic vert joue du marteau piqueur sur une des ruches voisines. Surpris, le vandale prend ses ailes à son cou ! Les abeilles bourdonnent bruyamment. Le cadre en bois est perforé. Le pic cherchait sans doute à lécher le miel et à engloutir quelques abeilles en ces temps difficiles.

ruche-perforee-par-un-pic-vert-david-melbeck

Silhouettes de l’aube

Ce matin, petite visite avant le lever du jour aux étangs de Belval-en-Argonne pour assister au réveil des oiseaux. Des milliers de migrateurs y font halte en ce moment. Un jeu d’ombres chinoises se met en place dans la faible lumière du jour naissant.

reveil-des-grues-david-melbeck

Le brouhaha commence. Les premières à s’agiter sont les grues : elles sont sans doute plus d’un millier ! Le départ est donné : des troupes entières s’envolent et passent au-dessus de moi.

oies-sauvages-lever-du-jour-david-melbeck

Dans ce concert de « grouu grrou », je perçois aussi des « cang cang » typiques des oies sauvages qui, déjà, volent en formation. Je m’attendais presque à apercevoir Nils Holgersson sur le dos du jars blanc…

cygnes-en-vol-david-melbeck

J’admire le vol pesant et puissant d’une troupe de cygnes qui passent tout près. Ils comptent parmi les oiseaux volants les plus lourds du monde. J’entends distinctement le bruit de leurs ailes s’appuyant sur l’air. Puis canards, vanneaux huppés, aigrettes et hérons vont aller et venir sous les clairons assourdissants et ininterrompus des grues. Chouette début de journée…

grue-en-vol-par-david-melbeck

Grrrou grouu…

Des centaines de grues cendrées passent au-dessus du village en ce moment. On les entend avant de les apercevoir. Tout excité, je les recherche à l’horizon et j’observe leur vol organisé en V. C’est un spectacle magique, une sensation étrange de joie et de bien-être, comme si ces oiseaux partageaient un vent de liberté. Écouter leur passage me transporte en enfance et chaque année, j’y assiste comme si c’était pour la première fois. J’appelle aussitôt ma petite famille.

« Les enfants, venez-voir, les grues sont en migration, elles survolent la maison (puis je m’amuse à les imiter avec enthousiasme : grrrou grouu) !
– Oui Papa, tu fais ça à chaque fois… et même plusieurs fois par an.
– Ah bon ? »

Penaud, je me tais et je me demande si, pour mes enfants, mon émoi est devenu le rituel incontournable qui marque le passage des saisons, autant que le vol des grues… ?

vol-grues-en-formation-david-melbeck

grues-en-vol-david-melbeck

Nid de coco

Les vieux nids d’oiseaux, abandonnés depuis longtemps par leurs propriétaires, sont malmenés par les vents d’automne. Certains finissent par terre comme celui que j’ai retrouvé dans la forêt de Fléville ce matin. Celui-ci est facile à reconnaître : ses parois intérieures sont tapissées de boue. Le torchis a été lissé avec une telle régularité qu’on dirait presque une demie noix de coco ! Peu de volatiles utilisent de la terre pour bâtir leur nid. La grive musicienne, car c’est son œuvre, en fait partie tout comme les hirondelles, le merle noir et la sittelle torchepot !

nid-de-grive-musicienne-david-melbeck

Baignades estivales…

Festival sur les bords de la mare : les oiseaux se succèdent pour boire ou se rafraîchir. C’est vraiment chouette : on a fabriqué un petit abri de branches et de fougères aigles juste à côté, pour observer sans être vu.

Les premiers à bénéficier de la nouvelle mare du verger ne sont pas les animaux aquatiques… Ce sont les oiseaux qui l’utilisent comme une piscine, en particulier durant les journées chaudes de juillet.

Baignade bruants jaunes

Durant ma sieste… euh, durant mon affût d’hier, j’ai pu admirer la baignade des linottes mélodieuses, des pigeons ramiers, des chardonnerets élégants, des moineaux domestiques, des tourterelles des bois et turques, des pinsons des arbres, des bergeronnettes grises et printanières, des hirondelles rustiques, des verdiers et, ici en photo, des bruants jaunes. Pas mal, non ?

Banquet de lucanes cerf-volant

Enfin la chaleur ! En allant mettre les pieds dans l’eau aux abords de la rivière toute proche (l’Aire), nous faisons une drôle de « trouvaille » : tout un tas de restes de lucanes cerf-volant mâles parsèment le chemin.

Restes lucanes mâles

Nous avons ramassés têtes, mandibules, carapaces dans un rayon de moins de 10 mètres au milieu d’une prairie de fauche. Une fois les restes triés à la maison, les enfants ont comptés 11 individus ! Le plus rigolo est qu’ils sont de toutes les tailles.

Tri lucanes

L’émergence des lucanes à la tombée de la nuit offre l’occasion à certains prédateurs de faire le plein de protéines… C’est le cas des chouettes et des hiboux qui ne mangent que l’abdomen des pauvres insectes, abandonnant sur place pattes, ailes et mandibules…

Restes lucanes triés

Envol des hirondelles

Aujourd’hui, animation bruyante dans notre grange ! Premier saut de l’ange pour les jeunes hirondelles rustiques. Voilà presque 3 semaines qu’elles sont nourries et soudain ce matin, plus rien ! La tactique des parents a réussi, les 4 poussins se sont envolés du nid et se sont posés un peu plus loin. Ils ont à nouveau la becquée maintenant (mais plus pour longtemps…). La petite dernière (photo) a eu besoin de se remettre de ses émotions fortes avant de tenter un nouveau vol avec les encouragements appuyés des parents.

Jeune ou adulte ? Facile : les jeunes n’ont pas encore les beaux filets qui prolongent la queue comme chez les adultes.

Jeune hirondelle rustique