Délivrance de la salamandre

Petite visite nocturne dans les bois de l’Argonne. Les pluies de fin d’hiver permettent aux magnifiques salamandres de Fléville de déposer leurs progénitures dans quelques rares flaques de chemins forestiers. Le bel amphibien ne sort de sa cachette que si l’air ambiant est suffisamment doux et saturé d’humidité. C’est le cas !

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Pas d’œufs gélatineux comme chez les tritons ou les grenouilles, juste quelques larves, équipées de branchies, larguées directement dans des points d’eau très peu profonds. La femelle préfère avoir pied. Bizarrement, la salamandre tachetée n’est pas très endurante, elle peut même se noyer ! Hormis une ou deux nuits par an à cette époque, sa vie d’adulte est résolument terrestre.

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Le lièvre et l’alphabet

Le 26-01-2017. C’est génial. Des flocons sont tombés hier. Toutes les traces des animaux s’affichent dans la couche de neige. Les allées et venues de la nuit, habituellement secrètes, sont dévoilées au petit matin : chat et souris se sont suivis sur la terrasse et, surprise, un blaireau est venu devant la maison ! Un peu plus loin, les bonds d’un lièvre sont révélés au grand jour. Il imprime toujours la même lettre.

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La piste, qui forme une succession de « Y », va droit dans les champs. Tenez-vous bien : comme le lièvre se déplace toujours en sautant, les pattes arrière marquent devant et les pattes avant, derrière…

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La taupinière qui bougeait toute seule…

Observation amusante aujourd’hui : plusieurs petits tas de terre fraîche qui tranchaient avec le vert de la prairie ont attiré notre attention. Nous nous approchons pour les examiner quand soudain une des taupinières se met à bouger.

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En dessous, une courageuse taupe, à l’abri dans sa galerie, était visiblement en train d’excaver les déblais de son chantier…  C’est que 250 m de tunnels à entretenir, c’est du boulot ! Si le petit mammifère distingue à peine le jour de la nuit, il n’est pas sourd pour autant. Le cri de stupeur d’Isa a sans doute retardé ses travaux…

Dames de nuit

Une silhouette se dessine derrière un volet : la petite pipistrelle a retrouvé son refuge après ses rondes nocturnes. En attendant de trouver un abri sûr pour hiberner cet hiver, elle choisit temporairement des gîtes dit « de transition », même dans nos maisons.

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En Lorraine, mon Papa, qui emploie son temps libre à restaurer bénévolement une fortification du système « Séré de Rivières » de 1876, nous fait visiter les lieux. Ce fort chargé d’histoire recèle aussi des espèces de chauves-souris très rares (et protégées) : quelques grands rhinolophes sont suspendus ici où là.

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On les reconnaît à leur manière de s’envelopper de leurs ailes, leur taille mais aussi à leur drôle de bidule sur le nez appelé feuille nasale. C’est un outil de haute technologie, sorte de sonar, qui émet des ultrasons. Grâce à ce système d’écholocation, la chauve-souris obtient « une image auditive » très précise de son environnement, même dans l’obscurité la plus totale !

Grenouille verte

Depuis plusieurs semaines, elle sautait dans la mare à notre approche pour se cacher au fond de l’eau mais cette fois-ci, j’ai enfin réussi à la prendre en photo!

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La grenouille verte a fait déjà plusieurs apparitions durant l’été dernier, en 2015, soit à peine deux mois après la création de la mare ! Jusqu’à présent, nous avons observé un seul individu à la fois.

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Cette année, il n’a pas beaucoup plu depuis le mois de juillet, pourtant je suis plutôt fier de constater que le niveau d’eau se maintient assez bien, même s’il a baissé un peu bien-sûr.

Serpent d’eau

Rencontre aquatique au bord d’une mare ensoleillée à quelques centaines de kilomètres au sud de l’Argonne ardennaise… La couleuvre vipérine se dort la pilule au bord de l’eau et y plonge à la moindre alerte, comme lorsque mon fils la recherche activement !

Nage couleuvre vipérine tête - © David Melbeck

De la vipère, elle n’a qu’une partie du nom car elle n’est pas venimeuse. En fait, elle est même complètement inoffensive (à moins d’être un poisson, un têtard ou une grenouille…) et ne mord jamais. Les motifs de son dos peuvent rappeler ceux d’une vipère mais ses pupilles rondes ne trompent pas : c’est bien une couleuvre !

Crapaud aux yeux d’or

Je suis retourné au pays de mon enfance, en Lorraine, où je n’ai pas pu m’empêcher de soulever quelques pierres… Quelle découverte ! Ce petit crapaud mystérieux aux magnifiques yeux dorés se cachait sous l’une d’elles.

alyte accoucheur

C’est un père attentionné que nous avons trouvé : un mâle d’alyte accoucheur qui, comme souvent en été, porte sur son dos un ou plusieurs cordons d’œufs. Le mâle de cette espèce d’amphibien prend soin de les maintenir à l’humidité tout au long de leur développement, les trempe dans l’eau si besoin et déposera les larves dans une mare voisine dès leur éclosion. C’est pour bientôt : on devine les yeux des têtards à travers la paroi des œufs.

Contrairement aux grenouilles et crapauds de nos régions, la femelle d’alyte est exclusivement terrestre: une fois adulte, elle ne met plus jamais les pattes dans l’eau… Même l’accouplement et la ponte se déroulent sur le plancher des vaches.

Couleuvre à l’œuvre

Quel est donc ce serpent qui se faufile sur le talus à mon approche ? Je m’arrête et je vois distinctement ce collier jaune-beige. Pas de doute, ce n’est pas une vipère. C’est une jeune couleuvre à collier (elle porte très bien son nom). Qu’elle est belle (ce n’est pas l’avis d’Isabelle, ma compagne, qui s’est tout de suite écartée d’une dizaine de mètres…) !

couleuvre en digestion

En la regardant attentivement, je m’aperçois d’une grosseur au milieu de son corps : cette couleuvre vient d’avaler une proie et je l’ai dérangée en pleine digestion ! Après quelques photos, la voilà qui s’en retourne sous le couvert des herbes folles. Les couleuvres à collier étant très territoriales, peut-être pourrais-je l’observer à nouveau dans quelques jours ?

Couleuvre-à-collier