Mortels bonbons

Impossible de passer à côté sans remarquer cet épi de petites boules orange pétant au pied de notre haie. Les jolis fruits de l’arum tachetée attirent l’attention.

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Mais dix baies avalées suffisent pour avoir des troubles digestifs mortels 10 heures après l’ingestion. Bon, en même temps, qui ne les recracherait pas ? À peine la pulpe entre-elle en contact avec la langue que des boursouflures et de terribles irritations apparaissent dans la bouche. Les oiseaux, eux, n’ont aucun soucis…

Atchoum !

À la fin du printemps, les graminées confient leur trésor à la brise. Dactyle, pâturin, ray-grass ou encore ici vulpin chargent le vent de transporter leur délicat pollen pour féconder d’autres herbes de leur espèce, peut-être à des centaines de kilomètres d’ici. Une petite partie de ces milliards de grains de poussière iront irriter les muqueuses de certains d’entre nous. Le rhube des foins, vous connaissez ?

Vulpin - pollen- David melbeck

Les pirates du verger d’or

En ce mois de mai, notre verger se couvre de fleurs jaunes. Le terrain tout entier semble bourdonner du matin au soir.

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Ni coucou, ni bouton d’or, mais une plante particulière fait le bonheur de nombreux bourdons avec ses fleurs à capuchon. C’est le cocriste velu ou rhinanthe « crête de coq », spécialiste du détournement.

Rhinante grosplan - David melbeck

Sous ses airs de jolie fleur des prés, le rhinanthe lie ses racines à celles d’autres herbes. De minuscules suçoirs détournent alors la sève des graminées environnantes. Ainsi parasitées, les plantes voisines se développent beaucoup moins et laissent la place libre à notre élégant pirate (de terre).

Rhinante - David melbeck

L’arnaque de l’Orchidée

L’orchis militaire n’a rien à voir avec l’armée mais son petit bonhomme suspendu en guise de fleur semble muni d’un casque… D’où son nom. C’est une véritable orchidée sauvage qui apparaît dans nos régions au mois de mai, sur les terrains calcaires plutôt secs et ensoleillés. Elle est rare autour de Fléville.

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Quel tricheur ! Pour une abeille, cet orchis a les couleurs et le parfum d’une plante nectarifère pleine de promesses sucrées. Pourtant, il ne propose pas une seule goutte de nectar, nada ! Juste quelques touffes de poils sensoriels pour exciter et inciter les insectes butineurs à visiter le fond du casque. Pourquoi ? L’abeille ainsi abusée pollinise gratis la jolie fleur…

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L’herbe aux yeux bleus

Petite balade familiale en forêt d’Argonne ardennaise, à Cornay, le village voisin. Là, sur le bord du chemin, nous découvrons une étrange plante. On dirait une touffe d’herbe mais en y regardant de plus près, on remarque ces jolies petites fleurs qui déploient leurs pétales bleus au milieu des feuilles. Cette plante particulière, cousine miniature de nos iris, est un témoin de l’histoire.

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Voilà un siècle qu’elle a élu domicile ici, lorsqu’en 1917 les troupes américaines se sont déployées en France avec leurs chevaux sous le commandement du Général Pershing. Elle est arrivée en même temps que leur fourrage. Les graines contenues dans le foin importé d’Amérique du Nord ont permis à la Bermudienne des montagnes, surnommée herbe aux yeux bleus, de s’installer à proximité des anciens camps militaires américains de la première guerre mondiale.

C’est une plante obsidionale, c’est-à-dire, propagée par les armées. Ici, dans l’Est de la France, ravagé lors de la Grande Guerre, il en existe de nombreuses espèces.

La larve et le gratteron

Les pousses de gaillet gratteron pointent le bout de leurs feuilles dans notre verger. Elles abritent une drôle de créature végétarienne. Assez ronde, boudinée, de la taille d’une fève, la bestiole possède une ventouse en guise de derrière…

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Malgré son aspect extraterrestre, je vous présente la larve bien terrienne du « crache-sang ». Elle se métamorphosera bientôt en une sorte de scarabée de la famille des chrysomèles dont l’unique nourriture est cette plante, le gaillet.

La fleur de Pâques : l’anémone pulsatille

Cette plante rare pousse sur des terrains calcaires pauvres, secs et ensoleillés. Toute la fleur est vénéneuse, voire caustique mais elle si élégante. Ça vaut bien une petite photo.

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Malgré les apparences, elle ne possède aucun pétale. Ce sont les sépales, d’autres organes botaniques, qui remplissent ce rôle. Bientôt, il ne restera plus de la fleur qu’une grappe de fruits plumeux. Sa présence indique souvent que nous nous trouvons sur un site au patrimoine naturel très intéressant.

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Chatons à foison

Depuis quelques jours déjà, les saules déploient des chatons, qui ne miaulent pas, pour le plus grand bonheur des pollinisateurs. C’est une ressource de pollen et de nectar inespérée à la sortie de l’hiver. Ces grappes de fleurs sans pétale ni corolle permettent aux papillons, aux abeilles et aux bourdons sortis d’hibernation de reprendre des forces.

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Les chatons jaunes chargés de pollen sont mâles tandis que les femelles prennent la forme de chatons verts qu’il n’est pas possible de trouver sur le même arbre. Garçons et filles sont séparés chez le saule, chaque pied est l’un ou l’autre, jamais les deux à la fois.

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La course de l’anémone

Avec un peu d’avance cette année, les premières anémones sylvie font leur apparition : des tapis entiers de fleurs blanches vont bientôt couvrir certaines parties de la forêt d’Argonne. Chacune de ces petites étoiles blanches s’offre au soleil et le suit toute la journée. Au moindre nuage ou la nuit venue, les pétales se referment et protègent le précieux pollen.

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Plus haut, les bourgeons ne tarderont plus à éclore : les arbres de la forêt vont déployer leur feuillage et capter toute la lumière. Voilà pourquoi l’anémone, comme tant d’autres fleurs des bois, choisit de fleurir si tôt au printemps. Le temps lui est compté pour reconstituer ses réserves !

Grains de folie chez les noisetiers

La température descend encore en dessous de 0°C  pendant la nuit. Pourtant le soleil de la journée réchauffe les bourgeons du noisetier. Des chatons qui ne miaulent pas commencent à pendre parmi les branches. Ce sont les fleurs mâles chargés de pollen qui s’agitent à la moindre brise pour libérer leur précieuse poussière jaune.

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De délicates étoiles rouges apparaissent un peu plus loin sur les rameaux. Les fleurs femelles attendent que le vent dépose un grain de pollen pour être fécondées. Dans quelques mois, si tout va bien, la minuscule fleur donnera une noisette belle à croquer !

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